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Vol de moteurs de bateaux : la filière moldave condamnée

Vols de moteur de bateau sur l'Atlantique


Un important réseau de voleurs de moteurs de bateaux qui sévissait était jugé mardi par le tribunal correctionnel. Auteur d’une centaine de vols, le réseau, oeuvrait la nuit,  à quai ou directement sur les lieux d’entrepôts des embarcations ou fournisseurs nautiques. Le préjudice total des vols se chiffre à 1 million d’euros.
Le tribunal de Saint-Malo est quadrillé de bleu et noir : bleu gendarme, noir magistrats et avocats.  Les seules couleurs qui rompent avec l’uniforme sont celles des tee-shirts des prévenus qui s’alignent et occupent à eux seuls les deux bancs qui servent habituellement à séparer les mis en examen de parties civiles. Ils sont 10 au total, plus trois absents toujours sous mandat d’arrêt. Tous Moldaves, âgés de 20 à 40 ans, en situation irrégulière, secondés par trois interprètes.
Sur l’ensemble des vols commis, l’enquête aura permis de distinguer 2 équipes de voleurs pour 2 modes opératoires  : à quai ou sur l’eau ; dans les entrepôts et directement chez les gros fournisseurs nautiques. Aucune preuve effective cependant ne permet d’affirmer que les 2 équipes oeuvraient au final pour un commanditaire unique. Pas plus qu’il n’est possible de suivre la trace de la filière et les gains au-delà des frontières du Balkan.
Sur une année, pas moins d’une centaine d’engins auront été volés, avec, en périphérie,  les véhicules, nécessaire au transport du matériel, fourgons et autres remorques, plus l’essence pour les faire rouler, ainsi que le gros et  moins gros outillage utilisé pour sectionner les amarres ou les boulons retenant les moteurs. Les cartes téléphoniques des portables qui permettaient au gang de communiquer étaient achetées avec des cartes bleues, elles aussi volées, et établies sur la base d’identités avec des papiers également faux.
Les pièces ciblées,  prioritairement  des  gros cylindres de 150 chevaux, mais aussi, occasionnellement, des plus petits moteurs, constituaient l’ordinaire de ces pilleurs des mers, pour des gains personnels aux dires des prévenus, allant de 400 à 900 euros.


Un préjudice global de 1 million d’euros


Opérant avec une efficacité redoutable par  sa méthode et son organisation, le réseau rayonnait tout le long de la côte Ouest, de la Normandie au Bordelais,  jusqu’au bassin d’Arcachon, une forte concentration de vols se faisant néanmoins sur la zone de Saint-Malo. A noter, pour l’anecdote : à Saint-Gilles Croix de Vie, les vedettes de la gendarmerie maritime elles-mêmes ne seront pas épargnées par la convoitise des malfrats…
Les prévenus en détention provisoire depuis à peu près un an, pour certains, 18 mois, ont été placés, par précaution aux quatre coins de la région (Brest, Vannes, Rennes… Saint-Malo), empêchant ainsi toute concertation entre eux avant l’audience.
Les éléments à charge ont été constitués grâce aux portables retrouvés sur les lieux des délits, ainsi que par les traces d’ADN relevées, et par la confrontation et les différentes dépositions des prévenus tout au long d’une enquête au long cours minutieuse et circonstanciée.
Le procureur dans sa réquisition met l’accent sur l’ampleur et le montant du préjudice, qu’il chiffre à 1 million d’euros, sans compter les préjudices périphériques : répercutions économiques sur le tourisme et cessation d’activité pour certaines entreprises nautiques. Selon les estimations effectuées, le cheval fiscal d’un moteur -sa puissance- valait sur les marché de la fraude à 20 euros, ce qui, par exemple sur un moteur de 50 chevaux, permettait un gain de 1000 euros. La moyenne des moteurs volés par nuit était de 4 à 8. La force et la technique du gang reposaient sur sa rapidité d’action, menant de véritables « raids », dans un aller-retour express du départ en région parisienne, jusqu’aux repérages sur la côte suivis des vols et de l’écoulement des moteurs sur la mer noire.


Prison ferme


Les peines requises vont de 18 mois de prison à 30 mois pour les trois malfaiteurs en fuite.
Sur les 13 prévenus mis en examen, 2 en particulier, sont considérés comme étant « pivots» du trafic.  L’un en tant que « pilote et cheville ouvrière dans pas moins de 20 faits »  pour lequel le procureur requiert une peine de 4 ans de prison ferme.  L’autre, en tant que « receleur attitré », pour lequel sont requis 30 mois de prison. Pour tous est expressément demandée une interdiction de paraître sur le littoral breton, soit tous les bords de mer des départements 22, 35, 56, 17, 33 et 44.
Les avocats des prévenus axent leur défense en rétablissant la balance de la justice du côté de l’humain et de la misère qui est à l’origine de la dérive délinquante et tentent de réduire la durée des peines requises.
Le tribunal condamne finalement celui qui pilotait le réseau sur le terrain à 4 ans de prison ; le receleur écope de 18 mois ferme ; les peines des autres vont de 10 à 24 mois, à soustraire des périodes déjà effectuées en détention provisoire. Les trois fuyards sont sous mandat d’arrêt.


LE PETIT BLEU


http://www.le-petitbleu.fr/2014/06/11/vol-de-moteurs-de-bateaux-la-filiere-moldave-condamnee/

Rédigé le  10 août 2015 10:54 dans Articles actualité  -  Lien permanent

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